HOT on the rocks!

Interview avec Auré d’Akiavel

jeudi/03/04/2025
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Une fois n’est pas coutume, la parole revient aux auditrices : « J’aime Akiavel pour leur mélange puissant de death metal, à la fois brutal et mélodique. Leur musique est intense, avec une énergie incroyable et la « rage » d’Auré. Après les avoir rencontrés, j’ai de plus découvert qu’ils sont adorables avec leur public, accessibles et passionnés. Ça les rend encore plus géniaux à mes yeux ! J’attends avec impatience leur nouvel album » (Marie) ; « J’aime tout : Le style, la musique, le son, la voix d’Auré… Sans compter qu’ils sont super gentils et simples. J’ai eu la chance de les rencontrer plusieurs fois et je suis même allée à un de leur concerts sur invitation, ils sont vraiment super, proches de leur public et très reconnaissants » (Angie). Depuis leur retentissant passage à l’édition 2023 du Hellfest (chroniqué en ces colonnes), Akiavel aura assuré un des plus beaux tours de force en termes de popularité de l’histoire du metal français. Le succès, c’est toujours un minimum de talent et beaucoup de travail. Si humanité et générosité ne sont pas obligatoires, il est néanmoins préférable de réussir avec que sans. En synergie permanente avec leur public, les quatre sudistes cochent l’intégralité de ces cases. Ces généreux musiciens n’ont pas chômé depuis qu’ils ont associé en 2018 leurs forces. Omniprésents sur les fronts réels et virtuels, nos nouveaux amis vont certainement opérer le break avec la publication ce 4 avril de leur quatrième album studio. « InVictus »  (« Invaincu ») est son intitulé, et « cohésion » son maître-mot. Une production de classe internationale fait fusionner en un impressionnant, permanent et bouillonnant maelstrom les rythmiques de Chris et de Jay (guitare et basse), les roulements et la double pédale de Butch (batterie) ainsi que les vocalises melodeath d’Auré (la chanteuse au coffre titanesque et au large sourire). Le rendu est brutalement homogène, mais le fond n’est cependant guère dénué de sensibilité. Ces onze missiles passent efficacement en revue nombre de plans extrêmes : melodic death metal, blackened death metal et brutal death metal. À chaque composition a été associée une fleur ainsi qu’une histoire véridique. Par exemple, l’apocalyptique et sinistre « Daddy Defiled Me » est symbolisé par la Pensée. Plus progressif mais tout aussi massif, « Lights for Life » est associé au Muguet. Enfin, le virulent « Violet » qui clôt les débats est sans surprise une… Absolument aucun temps-mort n’est à signaler tout du long des 44 minutes et 11 secondes de cette palpitante captation studio. Le comble étant de se dire que tout cela sera encore meilleur en concert… Nous avons procédé à un état des lieux détendu et détaillé avec l’adorable Auré, à une semaine de la sortie du disque, le jeudi 27 mars de 11 heures 30 à 12 heures 35… Vous avez dit « générosité » ?!?

 

 

Auré Jäger : Allo-allo ?!?

ANR : Salut Auré, ça va ? Je constate qu’en très peu de temps vous êtes devenus un groupe très populaire…

AJ : (Rires) Si je peux faire plaisir à mes fans… Attends, je mets mon téléphone en mode repos, cela ne fait que de sonner…

ANR : Tu vois, cela rejoint la thématique de cette interview, vous êtes devenus très populaires… Je me suis laissé dire qu’à l’instar de Locomuerte ou d’Utra Vomit, Akiavel était réellement un groupe « de proximité », voire le groupe metal le plus proche…

AJ : Oui !

ANR : Le groupe « populaire et proche »… Qu’en penses-tu ?

AJ : Oui, c’est effectivement les retours que nous avons, nous sommes heureux de cela. On est même étonnés à chaque fois qu’on nous le dit… Nous sommes super heureux de pouvoir partager notre musique avec les gens, de lire leurs commentaires sur les réseaux sociaux, comme quoi ils ont hâte de venir nous voir, et nous sommes ensuite très heureux de les rencontrer… Pour nous c’est essentiel, tous les groupes devraient faire ça… Voilà, on s’inquiète de nos fans, on s’inquiète, c’est normal en fait…

ANR : J’ai vu cette semaine sur votre page Facebook la photo de votre fan qui s’est fait tatouer votre logo…

AJ : Oui, on en a eu quelques-uns en fait, trop chouette ! On a eu quelques fans qui se sont fait tatouer, c’est impressionnant… Parce qu’à la base, cela vient de la sortie du premier album, je me suis fait tatouer le A ici (NDA : montre le dessous de son avant-bras) Mon guitariste l’a ensuite fait, mon bassiste a suivi quand nous étions en concert à la Réunion, et notre public nous a suivis… J’aurais même du mal à compter le nombre de gens qui se sont fait tatouer notre logo derrière nous ! Et ça, c’est quand-même se marquer à vie, sur un groupe, et surtout un groupe « émergent », nous n’avons pas encore dépassé les frontières quoi ! On a trouvé ça tellement fou ! Bien sûr, on adore prendre nos tatouages en photo avec les fans qui viennent nous voir après les concerts ! La différence c’est que nous, c’est notre groupe, c’est notre bébé !  Cela a commencé avec William qui s’est fait tatouer le « Væ Victis », le week-end dernier, c’est Éric qui s’est fait tatouer notre logo sur la jambe, la semaine dernière, c’était Estéban, notre fan qui est en Norvège, qui s’est fait faire un truc ENORME sur le bras ! C’est fou quoi, c’est fou !!! On a des gens qui sont marqués à vie avec notre logo, c’est impressionnant !!!

ANR : Je me suis laissé dire que cet élan de popularité est parti de votre passage au Hellfest 2023…

AJ : (NDA : Opine favorablement de la tête)

ANR : Ensuite tout s’est enchaîné : il y a eu Mennecy, tout un tas de trucs, vous êtes partout…

AJ : Oui !

ANR : Une grosse présence sur les réseaux sociaux, et maintenant, vous faites partie du paysage…

AJ : (Rires)

ANR : Tout a commencé pour moi au Hellfest 2023…

AJ : Bah ! Pour nous, cela a commencé un petit peu avant quand-même… Parce que nous, on n’oublie pas les premiers fans qui étaient là avant… Quand il y a eu le Covid et qu’on était tous confinés à la maison, on en a profité pour faire VæVictis (NDA : leur deuxième album, sorti en 2021) Nous avons beaucoup travaillé afin de proposer des choses à nos auditeurs, et ceux-ci ne nous ont jamais lâchés depuis…On donnait toujours des nouvelles, on faisait de l’actualité malgré le fait qu’on soit tous à la maison, et je pense que cela a fidélisé nos auditeurs, on a eu assez de matière pour créer un album ! En gros, ce qui nous a fait décoller au-delà du Hellfest, c’est surtout Rage Tour (NDA : la boite de booking / production de spectacles) Ils ont décidé de nous faire confiance en novembre 2022 lorsque nous sommes partis en tournée avec Loudblast, et cela a commencé là selon moi : on a réussi à faire de belles salles, de très beaux festivals et on a enfin pu rencontrer tous nos fans de toute la France, parce que maintenant on bouge sur toute la France…

ANR : Il a des personnes pour qui la crise du Covid aura finalement été bénéfique, ceux qui en ont profité pour travailler, et quand tu bosses, il y a des retombées positives…

AJ : C’est ça !

ANR : Je peux donc comprendre que vous vous, bosser durant le confinement a été positif…

AJ : Il faut essayer de transformer quelque chose de négatif en quelque chose de positif… Il faut toujours voir le verre à moitié plein ! Toujours ! Et c’est cela qui fait que, quand tu as la rage, quand tu as envie, quand tu ne veux pas rompre, forcément tu avances, et tu récoltes les fruits à un moment donné, c’est clair et net ! C’est en travaillant fort qu’on arrive, et dans tous les domaines, autant dans la zique que dans le reste (Rires)

ANR : Je pense de plus que vous arrivez pile au bon moment, dans la meilleure période du metal français en termes de popularité…

AJ : Oui, je crois…

ANR : Et la nature ayant horreur du vide, il manquait à la scène metal cet élément féminin…

AJ : Ah !

ANR : Dans la famille metal française, il y a les marrants de service, on sait qui c’est, il y a le parrain, on sait qui c’est, il y a les superstars mondiales, on sait qui c’est… Il y a désormais l’élément féminin, ben c’est toi !

AJ : Je ne te suis pas du tout sur ce point. Comme je le dit systématiquement : la musique, ce n’est pas genré, que je sois un homme ou une femme, c’est la même chose ! J’ai un message à faire passer, et c’est tout ! En fait, cela ne joue pas sur la musique, si j’ai envie de m’habiller en femme, je peux le faire, c’est ça la seule différence…

ANR : Tu as raison, je vais modifier ma phrase, je vais modifier ma phrase : dans la famille metal française, tu es la bonne copine pour les garçons…

AJ : (Rires)

ANR : Et la grande sœur pour les filles !

AJ : Ça, ça me plait ! Ça, ça me parle !

ANR : En plus, elles t’aiment énormément ! J’ai des témoignages de copines te concernant, c’est tout bonnement génial ! C’est : « Elle est chouette, elle est drôle, elle est proche, elle est gentille ! »

AJ : « Elle fait l’andouille tout le temps… » Je suis en autodérision tout le temps, parce qu’en fait, il ne faut pas se prendre au sérieux dans la vie… Et puis, je n’ai plus vingt ans ! Les nénettes qui viennent à nos concerts, qui me prennent dans leurs bras et qui me disent « Oh je voudrais tellement faire ce que tu fais », et bien je leur réponds : « FAIS-LE ! » Il faut justement passer outre cette timidité, et ce jugement qu’on a d’habitude sur toi, cela n’existe plus : montre ce que tu as sur la table, montre ta rage, et puis hop ! Ce qui me plaît dans ces relations, c’est qu’il n’y a pas ce truc de rivalité, de jalousie, il faut justement s’entraider, se donner un peu d’énergie, « Vas-y : ose ! » Le milieu metal est positif grâce à ce type d’interactions ! Les metalleux ont cet esprit-là qui est assez grandiose ! On s’intéresse à plein-plein de choses et on a de la conversation, je trouve toujours des sujets de discussion, je le vois bien dans mon petit village du Vaucluse, je suis telle que je suis et je ne suis pas du tout rejetée !

ANR : Donc, j’avais mal formulé ma phrase : pour les mecs, tu es la bonne copine…

AJ : C’est ça !

ANR : Et pour les filles, tu es la grande sœur totale ! Tu as comblé ce vide, et vous êtes arrivés dans la bonne période du metal français…

AJ : C’est surtout le fait que… C’est grâce aussi à Gojira, qui s’est montré aux JO, qui a montré ce qu’est le metal français… Voilà, c’est une fierté pour nous ! Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, ce sont vraiment des mecs qui ont percé, qui ont réussi ! Je me souviens, qu’à l’époque, j’étais je crois à peine majeure quand j’étais allé voir la tournée From Mars to Sirius, je les avais vus dans le 9.3 dans une MJC, j’étais ensuite allée les voir à la sortie, ils n’avaient même pas de merch, j’avais apporté mon propre CD à faire signer, ils l’ont signé sur leur petit van, tout petit, tout petit, leur van blanc… Et les gars aujourd’hui, ils en sont là ! Ils ont dit aux Grammys une phrase qui m’a beaucoup touchée, après leur « Merci » ils ont ajouté : « Allez supporter votre scène locale », « N’oubliez pas vos groupes locaux »… Comme quoi, ils n’oublient pas d’où ils viennent ! Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, j’ai un énorme respect pour les mecs de Gojira !

ANR : Tu donnes tout dans la voix, es-tu fan de Bon Scott ?

AJ : J’aime bien… Carrément, mais…

ANR : Quelles sont tes influences ?

AJ : La toute première que j’ai eue, c’est Julien Truchan de Benighted…

ANR : Ahhhhh…

AJ : (Rires) Puis, quand j’ai commencé à forger mes voix, j’ai été véritablement influencée par Chris Barnes de l’époque de Cannibal Corpse, j’étais beaucoup-beaucoup fan de ses voix, et ensuite j’ai découvert Carcass, Jeff Walker est pour moi le chanteur le plus intéressant ! J’adore le côté crasseux old school en fait ! Et Juju est un chanteur très inspirant, même si je suis très loin de son niveau, il puise au plus profond d’où tu puisses aller !

ANR : Je suppose que tu es plus Angela Gossow qu’Alissa White-Gluz…

AJ : Tout à fait. Après, je ne me suis jamais inspirée de nanas dans le chant !

ANR : (NDA : remue de la tête)

AJ : (Rires) Et pourtant Angela, oui ! Pour moi, c’est la référence… J’ai une préférence pour Candace Kucsulain de Walls of Jericho, c’est encore une fois une question d’énergie, tu vois ce que je veux te dire ? Ce n’est pas une question de voix, c’est vraiment une question d’énergie, je trouve que cette nana-là est incroyable, elle a toujours le sourire, elle est très cool…

ANR : Venons-en à l’album qui va paraître la semaine prochaine…

AJ : OK !

ANR : Il commence sur « Oozing Concrete » : que symbolise ce tic-tac en intro ?

AJ : Je m’inspire toujours d’histoires vraies. Toutes les chansons que j’ai écrites jusqu’à maintenant sont vraies. Le premier album a été romancé, mais cela partait d’une base réelle… Sur ce quatrième album, je me suis inspirée de faits réels qui se sont passés en Europe et en France, pour changer un peu du deuxième album qui était très américain… Là, c’est l’histoire d’une dame qui a été très malheureuse dans son couple, qui a fait des enfants avec quelqu’un qui était très toxique, qui était… pas gentil avec elle, quoi… Et un jour, elle a craqué, elle l’a tué… Elle sait que ce n’est pas à la base une tueuse, mais il l’a poussée tellement à bout que la colère a pris le dessus. Elle a mis le cadavre dans le grenier, elle l’a coulé dans du béton, et on la voit dans le salon assise au milieu des jouets des enfants, elle regarde fixement dans le vide et se demande « Quand est-ce qu’ils vont venir me chercher ?!? », elle a son cœur qui bat au rythme du tic-tac, voilà le principe de l’histoire… Et aussi, la fleur qui va avec, c’est la Passiflore, puisque dans la légende, la Passiflore c’est la fleur du temps, c’est la fleur du Christ, mais c’est aussi la fleur du temps.

ANR : Est-ce que le morceau « Daddy Defiled Me » parle d’inceste ?

AJ : Oui. Oui, parce que malheureusement c’est quelque chose qui fait partie de l’humanité. « Daddy Defiled Me » est sur Elisabeth Fritzl, qui a été enfermée par son père pendant de nombreuses années, et qui lui a fait des enfants et qui lui a fait subir quelque chose d’absolument abominable…

ANR : Cela rejoint le thème de cette interview… Je considère Akiavel comme un groupe de proximité, et toi, tu es une narratrice de faits divers… De proximité !

AJ : (NDA : Opine du chef)

ANR : Un peu comme une journaliste locale… Tu vois ce que je veux dire, du terre à terre…

AJ : Whoooh (Rires) Je ne pourrais pas prétendre à ça… Disons que lorsqu’une histoire m’intéresse, je vais aller puiser à cent pour cent, faire mes recherches afin de m’imprégner à fond des faits, je vais même aller écouter les interviews des avocats des parties…

ANR : Tu vois…

AJ : Des parties adverses, etc… Je vais tout prendre !

ANR : On parlait de « popularité »… On peut considérer que vous êtes un groupe émergent « populaire », et la popularité c’est aussi le fait de parler au public, d’être direct, d’être terre à terre, et c’est exactement ce que tu fais dans tes textes, ils parlent aux gens, et cela doit je pense ajouter à votre popularité… Un mec comme Johnny, c’est très con, mais il savait parler aux gens, un mec comme Sardou, il sait parler aux gens…

AJ : C’est vrai, c’est vrai…

ANR : Et toi tu sais parler aux gens !

AJ : Tant mieux… Parce que notre but, ce n’est pas de nous cacher, la musique est la meilleure façon de communiquer au monde, et c’est un échange avec le public, il n’y a pas que moi qui parle !

ANR : En t’écoutant parler, je pense à ce morceau de Téléphone, « Fait divers », tapes-le sur ce avec quoi tu écoutes de la musique sur Internet…

AJ : Je suis sur Spotify…

ANR : Ça m’a fait penser à ça en t’écoutant… Si Téléphone a été si populaire, c’est aussi parce qu’Aubert savait parler aux gens… C’est con mais c’est comme ça… C’est aussi simple que cela… Et j’avais prévu de te poser la question de savoir si les textes de « Promise to My Daughter » et de « Teenage Games » sont biographiques… J’ai déjà ma réponse !

AJ : Oui.

ANR : De quoi parlent-Ils ?

AJ : « Promise to My Daughter » c’est l’affaire « Dieter Krombach », c’est un père qui s’est battu pour que Justice soit faite, le docteur qui a tué sa fille était très « protégé » dans tous les sens, en plus il était en Allemagne… Il a pleuré sa fille tous les jours sur sa tombe, et lui a promis de la venger, qu’il se battrait jusqu’au bout, et que l’autre va payer pour ce qu’il a fait… Et il s’est battu jusqu’au bout, j’ai des frissons rien que d’en parler, parce que cette histoire m’a beaucoup retournée aussi ! « Teenage Games », c’est Kelly, c’est l’affaire des « Diaboliques de Saint-Vit », c’est une jeune fille qui s’en va du collège avec deux de ses copines, elles vont dans une maison de retraite désaffectée au dernier étage, elles boivent des bières, elles fument des cigarettes et, à un moment, sans aucune raison, les deux autres ont pété un boulon et se sont acharnées sur elle, puis l’ont laissée pour morte… Elle a subi des violences extraordinaires, et c’est à se demander comment elle a fait pour rester en vie ! Quand on lit les interviews, elle était abimée de la tête aux pieds ! C’est juste extraordinaire qu’elle soit encore là pour nous en parler… C’est que des histoires comme ça. InVictus est un album qui parle de courage et de résilience, face à l’adversité. Dans toutes les histoires, tout le monde s’en sort. Il n’y a que deux titres qui sont beaucoup plus personnels. « Heart in Chrysanthemu » s’adresse aux personnes qui ont vécu un amour toxique, c’est un sujet plus général, c’est le deuil d’un amour toxique. Et bien sûr, « Lights for Life » qui est un hommage à notre ingé-son qui est mort l’année dernière, et qui a été un super-héros en donnant ses organes…

ANR : C’est un super beau morceau en plus…

AJ : Merci !

ANR : Je comptais t’en parler, avec les parties de synthé…

AJ : C’est ça !

ANR : Il y a du synthé derrière, qui donne une luminosité…

AJ : C’est ça ! Et on n’a pas fait appel à n’importe qui, on a demandé à Déhá (NDA : samples et voix de Dropdead Chaos, a récemment quitté le groupe) de nous faires ces synthés là…

 

 

ANR : Comme tu l’as dit tout à heure, une fleur est associée à chaque chanson : « Oozing Concrete » : Passiflore ; « Membrane » : Rose blanche ; « Daddy Defiled Me » : Pensée ; « Captured Alive » : Dahlia blanc ; « SK1 » : Fleur de lys « Promise to My Daughter » : Bleuet ; « Teenage Games » : Géranium Kelly ; « Lights for Life » : Muguet ; « Heart in Chrysanthemu » : Chrysanthème ; « Guillotine » : Orchidée sauvage ; « Violet » : Violette… Comment t’es venu ce choix ? Parles-tu le langage des fleurs ?

AJ : (Rires) Je sais pas, je sais pas, honnêtement je sais pas !

ANR : Quelle est la part d’improvisation dans vos concerts ?

AJ : C’est très naturel en fait, il n’y a pas de préparation !

ANR : D’accord !

AJ : Disons que désormais on aura une entrée, avec les tic-tacs, puisqu’on a le droit de jouer les nouveaux morceaux (Rires) Donc, oui, on commence par « Oozing Concrete », après le reste c’est beaucoup d’impro, c’est en fonction de ce qui se passe…

ANR : Un mot pour décrire chacun de tes partenaires…

AJ : C’est mes frères (Rires)

ANR : Et individuellement ?

AJ : Je vais être moins rigolote si je les fais individuellement (Rires) Chris, c’est le mec qui se plaint tout le temps, mais à côté de ça, c’est également l’oreille attentive, c’est le mec qui a une très bonne écoute et de très bons conseils, il est très créatif et c’est le genre de mec sur qui on peut compter ! Et Jay est également quelqu’un sur qui on peut compter, il prend les problèmes comme si c’était les siens, tout le temps, et il est très courageux, il ne se plaint pas malgré beaucoup de fatigue parfois, et il est très rigolo aussi, on se marre bien, il me dit tout le temps « d’aller faire la vaisselle » : hé ! on plaisante hein ?!? (rires)

ANR : Sinon votre actu concerts n’est pas banale : d’avril à octobre, j’ai compté, vous avez en tout et pour tout onze fests à assurer, dont le Mennecy… Que des fests « de proximité » justement !

AJ : Très honnêtement, on aime tellement ça, les fests « de proximité » comme tu dis, on adore Mennecy !

ANR : Une question, d’une de tes fans acharnées (Angie Angy) : à quand le Wacken ?

AJ : Ahhhhh ! Oui, d’accord ! Nous préférons les festoches de proximité ! Bien sûr, on ne crache pas sur faire un Hellfest ou faire un Motocultor, parce que forcément on va gagner plus d’auditeurs ! Le week-end dernier, nous étions à La Clef, à Saint-Germain-en-Laye, c’était une petite salle et c’était incroyable ! L’énergie était furieuse, les gens sont restés proches de nous : on est proches des gens et c’est ça qui nous plait ! On préfère mille fois remplir des petites salles, des petits festoches comme ça, que de ne pas voir le public dans des grosses salles !

ANR : Je constate que vous avez un merch qui ressemble aux fans, parfois en édition limitée, que ce soit des t-shirts ou du vin…

AJ : Tout ceci part d’un constat simple : le metalleux est un collectionneur, nous sommes nous-aussi des fans et nous aimons collectionner ce que les groupes nous proposent, donc il est facile pour nous de nous mettre à la place de nos fans !

ANR : Si Akiavel était un lieu ?

AJ : Un petit village pas loin de chez nous dans le Sud, une fois que tu es dedans, tout le monde t’invite à boire des coups !!! Une véritable embuscade, un véritable guet-apens !!! Sinon, je te dirais le Mennecy Fest, nous nous y sentons parfaitement bien !!!

ANR : As-tu rencontré une de tes idoles ?

AJ : Les mecs de Brujeria, quand ils étaient venus jouer dans le Sud…

ANR : Effectivement, la semaine dernière, j’ai vu sur votre Facebook que tu avais un t-shirt de Brujeria… Marianne Faithfull nous a quittés il y a peu. Avant-hier, je relisais une interview d’elle de 2023, où elle affirmait : « Au cours de ma carrière, j’ai mis un point d’honneur à ne travailler qu’avec des gens que j’aimais ». Et toi ?

AJ : Cette citation est formidable, elle résume parfaitement mon état d’esprit, rien à ajouter ou à changer !

ANR : Pour finir, nous sommes aujourd’hui la Saint Habib, j’ai une donc pensée pour mon pote Frédéric Habib !

AJ : Bonne fête !

ANR : Et toi ? Pour quel proche as-tu une pensée ?

AJ : Heuuuu là, tout de suite immédiatement ?!? Je pense à mon fils ! Mais il ne s’appelle pas Habib (Rires)

 

Photos : Pauline Cassier, Hellfest 2023

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